Partager l'article ! POESIES ETRANGERES: Hommage à ces textes mexicains : "Est-il vrai que nous prenions du plaisir A vivre sur ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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Hommage à ces textes mexicains :
"Est-il vrai que nous prenions du plaisir
A vivre sur la Terre ? Une seule chose est sûre,
Nous sommes tous nés dans la douleur,
Nous sommes tous dans l'angoisse
Et la tristesse, ici parmi les Hommes."
Nezahualcoyotl
PAROXYSME
En route vers d'autres rêves nous sommes sortis avec la
fin du jour ;
une étrange aventure
nous a effeuillés dans le bonheur de la chair
et le coeur change
entre elle et la désolation du voyage.
Dans l'agglomération des quais
les sanglots ont tout à coup éclaté ;
ensuite, pendant toute la nuit
sous mes rêves,
j'entends ses plaintes
et ses prières.
Le train est une rafale de fer
qui gifle le panorama et émeut tout.
J'épuise son souvenir
jusqu'au fond
de l'extase,
et battent dans le coeur
les couleurs lointaines de ses yeux.
Aujourd'hui nous passerons tout près de
l'automne
et les prairies seront jaunes.
Je tressaille à cause d'elle !
Horizons inhabités de l'absence !
Demain tout sera
ennuagé de ses larmes,
et la vie qui arrive
est faible comme un souffle.
(Traduction de Nicole et Emile Martel)
MANUEL MAPLES ARCE
POESIE
Tu es la présence avec laquelle je parle
tout à coup, seul à seul.
Ce sont les mots qui te forment,
Ceux qui sortent du silence
et de la mare de rêve dans laquelle je me noie
libre jusqu'au réveil.
XAVIER VILLAURRUTIA
Des chemins, des coins de rue, des croisées de route.
Le silence de personnes qui se sont endormies ;
qui se sont mises à l'abri derrière des murs
et des portes et de la chair ; qui se cachent
de leur coeur qui sait.
A cette heure,
hé ! mes amis, artisans
peintres, astronomes, marins,
nous sommes éveillés. Notre tâche
est de régler certaines choses.
Il faut être attentifs, vigilants
pour que rien ne nous échappe ;
pour récupéré ce que nous avons oubié.
Penser, savoir, par exemple,
ce qui se passe quand se rencontrent
deux personnes qui vont s'aimer ; et ce qui se
passe quand meurt
toute seule une personne qu'on a aimée.
Et quand on sent qu'un être invisible
prend soudain place à côté de nous,
ou bien s'en va secrètement, nous abandonne,
qu'est ce qu'il y a qui ne nous appartenait pas, dans le
premier
regard, le salut qu'on échange avec quelqu'un ?
RUBEN BONIFACE NUNO
(Traduction de Emile Martel)